Tarifer les heures creuses sans dévaloriser la marque
Une remise sur une prestation apprend aux gens que votre prix était négociable. Une remise sur une heure leur apprend quand venir.

Toute activité de service a la même forme : le samedi est plein, le mardi matin ne l’est pas, et les charges fixes sont identiques les deux jours. L’instinct pousse à remiser la prestation creuse. Le meilleur geste est de remiser l’heure creuse, puisque c’est en réalité ce que vous cherchez à vendre.
La distinction n’a rien de pédant. « −20 % sur la couleur » est une affirmation sur ce que vaut la couleur, et il est très difficile de revenir dessus. « −20 % avant midi, du mardi au jeudi » est une affirmation sur le moment où vous avez de la place, et cela ne coûte rien à votre marque — cela se lit comme une préférence d’agenda, parce que c’en est une.
Un exemple chiffré
Quatre fauteuils, une note moyenne de 55 €, des matinées du mardi au jeudi occupées à environ 40 %. Douze créneaux vides par semaine. À −20 % en heures creuses, il vous faut en remplir environ quatre sur douze pour être gagnante en chiffre d’affaires — et chacun que vous remplissez retire aussi un créneau vide à une cliente qui aurait sinon pris un samedi que vos habituées convoitent.
Le second effet vaut mieux que le premier : tarifer les heures creuses ne remplit pas seulement les matinées, cela libère les samedis.
Posez-le comme une règle sur la page de réservation, et non comme quelque chose que l’accueil propose. Un prix visible avant la réservation déplace la demande ; un prix proposé au téléphone est une négociation, et vous finirez par l’accorder à celles qui auraient payé plein tarif de toute façon.